Des chroniques portant surtout sur tout ...
5 Décembre 2012
Cliquez ici pour laisser un commenatire en bas de l'article
Ken Follett est né le 5 juin 1949 à Cardiff au Pays-de-Galles. Il est depuis longtemps reconnu comme l’un des plus grands écrivains spécialisé dans les romans d’espionnage et historiques.
Le livre objet de cet article, ‘Les Lions du Panshir’ (du nom de l’une des 34 provinces de l’Afghanistan), est paru en 1986 .Il s’agit du 7ème roman de l’auteur. Les principaux thèmes abordés ici sont la guerre et ses désastres, l’œuvre humanitaire et la propension humaine à la trahison.
La trame de fond de ce roman est la première guerre d’Afghanistan ayant opposé de 1979 à 1989 l’armée de l’U.R.S.S aux moudjahidines afghans (les ‘guerriers saints’). Durant dix ans, cette guerre a ravagé l'Afghanistan. Du fait de l'implication des États-Unis et de l’U.R.S.S, cette guerre est souvent considérée par les spécialistes comme une des dernières crises majeures de la guerre froide.
Jane est étudiante en langues. Elle habite à Paris et vit avec Ellis qui se fait passer pour un poète alors qu’il est en fait agent secret américain au service de la CIA. A Paris, Ellis s’est infiltré parmi un groupe d’étudiants turcs qui est à l’origine d’un attentat et projette d’en réaliser un nouveau. Il parvient à faire tomber l’ensemble du réseau.
Mais Jane, également courtisée par Jean-Pierre, un médecin français, est alors mise au courant par ce dernier de la situation et de la tromperie de l’homme qu’elle croyait aimer. Elle rompt et part en Afghanistan avec Jean-Pierre au sein d’une organisation humanitaire, lui comme docteur, elle comme infirmière. Ils vont alors apporter leur aide aux résistants afghans pendant l’invasion des soviétiques.
Mais Jean-Pierre se révèlera très rapidement être … un agent à la solde du KGB tandis qu’Ellis réapparaîtra sous les traits d’un expert en explosifs venu aider les troupes du commandant Massoud.
Comme pour bon nombre de ses œuvres, Ken Follett réunit une documentation historique de qualité sans pour autant être indigeste et les principales clés du conflit, indispensables à la compréhension du scénario, nous sont livrées de manière très accessibles. Tout autant que les rapports entre les agences de renseignements et les gouvernements. Nous pouvons par exemple suivre la manière dont la résistance afghane se construit sous la bannière du commandant Massoud malgré des moyens limités. Nous pouvons aussi réfléchir à la façon dont les USA et l’U.R.S.S jouaient ‘leurs petites guerres’ dans les autres pays...
Au niveau stylistique, Ken Follett reste fidèle à son écriture ‘journalistique’ privilégiant les descriptions détaillées des lieux et des situations. L’Afghanistan, ses terres, son climat, ses habitants et leurs coutumes est en effet dépeint de façon détaillée, précise mais sans trop de méticulosité. Ainsi, on souffre avec les protagonistes dans la chaleur étouffante de l’été au cœur des vallées afghanes, tout autant que l’on peine avec eux aux sommets glaciaux des montagnes enneigées. On les voit vivre, reclus qu’ils sont dans une partie du monde laissée pour compte, mais si fiers de leur histoire commune, leur vie se limitant à la culture de leurs champs, l’élevage du bétail et les différents échanges rythmant leur existence. A noter également : l’auteur nous livre de nombreuses précisions quant au système de castes et de hiérarchie définissant la société afghane. Les différents langages usités (dont le dari) occupent aussi une place important du récit.
A l’instar de plusieurs de ses romans, l’auteur s’attache avec intensité à la psychologie des personnages, révélée tant par leurs actions que par leurs monologues intérieurs et l’amplitude de leurs sentiments. Ainsi, Ken Follett nous fait part des pensées des trois principaux personnages (Jane, Ellis et Jean-Pierre) en les faisant penser et s’interroger à la première personne du singulier. Il dépeint également avec subtilité la condition féminine à travers Jane, femme occidentale et libérée dans un Afghanistan misogyne au possible.
Enfin, on peut comprendre dans ce roman les difficultés de l’aide humanitaire dans ces pays si différents des pays occidentaux, où rien n’a la même valeur. Ainsi de cet homme, Mohammed, si fier ,malgré la mort de son fils, car il est mort l'arme au poing.
Si cette écriture facilite la mémorisation des personnages et de leur caractère, l'auteur compense la prévisibilité potentielle de leurs réactions par les nombreux retournements qui jalonnent le récit.
Bref un excellent Ken Follett. Le rythme y est haletant, l’action ne s’arrête pas une minute et on en prend plein les yeux. Un bon roman d’aventure à conseiller donc.
Sébastien
Biographie et bibliographie de Follett Ken -- Auteur gallois
Bibliographie et biographie Ken Follett.