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Des chroniques portant surtout sur tout ...

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IMPRESSIONNISME JAPONISANT 日本の印象主義専門家

IMPRESSIONNISME JAPONISANT 日本の印象主義専門家

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La fragilité psychologique et la schizophrénie (crises de délire et d’hallucinations) de Van Gogh (1853-1890) ainsi que ses troubles bipolaires sont bien connus du grand public. Cet état psychique a bien évidemment eu des conséquences directes sur son œuvre. Mais n’a-t-on pas finalement oublié l’essentiel en se focalisant sur le psychisme du peintre ?

Une approche plus traditionnelle de son œuvre permet en effet de constater avant tout que ses références vont se tourner vers un art qui est le contraire de celui qu’il a produit : celui de Hiroshige (1797-1858). Un art dont toute la philosophie repose sur la solidité, la composition, la sérénité, le voyage et la paix intérieure.

C’est cette rencontre des opposés ô combien surprenante que nous propose la Pinacothèque de Paris avec deux expositions simultanées sur les deux peintres.

La première ‘Van Gogh, Rêves de Japon’, dont nous parlerons principalement ici, présente une quarantaine de toiles du maître hollandais, essentiellement des paysages, avec, disposés à leurs côtés, de grands rouleaux verticaux - des kakémonos - représentant des estampes d’Utagawa Hiroshige et des correspondances de Van Gogh avec son frère Théo.

La seconde exposition ‘Hiroshige, l’Art du Voyage’ nous présente un grand nombre d’estampes (l’art du ukiyo-e) du peintre japonais toutes axées sur le voyage au travers de deux routes mythiques du Japon d’ Edo (ancien nom de Tokyo) : le Tokaido et le Kisokaido, deux façons de relier Edo à Kyoto au XIXème siècle. Y figurent des scènes de la vie quotidienne, ainsi que des études de paysages au fil des saisons. Ces images très colorées avec de profondes perspectives, traduisent un Japon imaginaire et ancestral, et sont pour les Japonais de véritables prétextes à la méditation et au voyage.

Les références de Van Gogh au japonisme en général et à Hiroshige en particulier ne se réduisent pas seulement à quelques œuvres phares. A travers un jeu de comparaison précis, l’exposition nous dévoile que la majorité des paysages de l’artiste hollandais à partir de 1887 sont construits autour d’un système référentiel au centre duquel se retrouve, presque systématiquement, l’œuvre de Hiroshige. Cette mise en miroir est saisissante tout au long de la visite.

Lors de son séjour à Paris, Vincent Van Gogh commence d’ ailleurs une collection qui comprendra plus de 500 estampes et albums japonais acquis auprès du marchand d’art Siegfried Bing. Certaines de ces pièces sont présentées à la Pinacothèque.

Voici deux des plus célèbres œuvres des deux peintres, l' 'Oliveraie' (1889) de l'artiste batave et la 'Plage des Danseuses' (1853) d' Hiroshige. Ces deux toiles servent d’ ailleurs l’affiche de l’exposition. Surprenant non ?

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IMPRESSIONNISME JAPONISANT 日本の印象主義専門家

Les rapprochements iconographiques entre les deux œuvres sont ici d'une évidence criante, parfois tellement troublante que l'on a peine à penser que tant de kilomètres et de diversités séparent les deux artistes.

Van Gogh était fou de Japon et ce de manière obsessionnelle Il était fasciné par ce monde qui pour lui était imaginaire. Quand l'artiste peignait dans le Midi (à Arles notamment), il était persuadé d'être au Japon. Un Japon fantasmé donc.

Mais revenons une nouvelle fois au jeu des similitudes : ci-dessous 'Pins au Coucher du Soleil' (1889) et 'Vue d’Ueno, de l'autre côté de l'étang de Shinobazu à travers les branches d'un pin' (1857).

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Comme mentionné plus haut, les correspondances de l'artiste avec son frère Théo trouvent une place notable dans cette exposition. Elles attestent notamment de sa passion pour le Japon. Voici une brève correspondance avec son frère illustrant ce propos : "Tu sais, ici je me sens au Japon", ou encore, "Le temps ici reste beau et si c'était toujours comme cela, ce serait mieux que le paradis des peintres, ce serait du Japon en plein"

Et une seconde parmi bien d’autres encore : "On aime la peinture japonaise, on en a subi l'influence, tous les impressionnistes ont ça en commun".

Même les aquarelles de Van Gogh faisaient référence au maître d’Edo. Ainsi, délectons nous de ce 'Pont Basculant à Nieuw-Amsterdam' (1883) et de ce 'Groupe d'hommes aveugles et temple Yugy' (période 1833-1834). Là encore, les deux cadres de références choisis sont assez semblables, autant que cette approche toute en sobriété et en humilité.

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Ci-dessous, c’est plus l’esprit qu’un quelconque rapprochement stylistique qui semble être recherché par le peintre originaire de Zundert. Sa toile reprend en effet chez Hiroshige cet esprit de voyage si chère au japonais. La perspective y est fuyante comme dans la grande majorité des estampes japonaises. En effet, les asiatiques et particulièrement les japonais ont un rapport à l’art tout autre que l’observateur occidental. Les codes de lectures ne sont absolument pas les mêmes. Là où nous cherchons le plus systématiquement style, apparences, compréhension et intellect, le témoin oriental puisera dans les estampes matière à méditation et paix intérieure. C’est pourquoi les perspectives y sont si fuyantes : comme une invitation au voyage, à la réflexion et à la recherche de la paix intérieure.

'Route de Campagne en Provence, la Nuit' (1890) et 'Escalade des pentes du Kinzan sous la lumière de la lune' (période 1838-1842).

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Chacun se fera donc une idée, et si les puristes contesteront peut-être ces points de vue, le profane y trouvera matière à découverte et assouvira sa curiosité.

Mais, au-delà de la comparaison Van Gogh-Hiroshige, C’est aussi une démonstration claire de l’importance du japonisme dans l’art impressionniste.

Un dernier doute ? Voici pour étayer notre propos et par la même conclure cet article, et même si Monet n’était pas présenté à la Pinacothèque, le célèbre 'Bassin des Nymphéas, Harmonie Verte' (1899) et 'À l'intérieur du sanctuaire Kameido-Tenjin (à Tokyo)' (1857).

IMPRESSIONNISME JAPONISANT 日本の印象主義専門家

J'espère à tavers ces quelques lignes avoir pu faire part de mon enthousiasme et de ma curiosité lors de cette visite et pourquoi pas avoir donné l'envie à certains de se rendre à cette somptueuse exposition.

Sébastien

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K
Vraiment passionnant! Ca fait plaisir à lire.<br /> Karen
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