Des chroniques portant surtout sur tout ...
11 Février 2013
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Cujo est le septième roman de Stephen King, publié en 1981. D’un grand réalisme, ce roman a à été favorablement accueilli à sa sortie par la critique, pour preuve les 32 semaines consécutives qu’il a passé sur la New York Times Best Seller List.
Dès les premières pages tournées, on se laisse rapidement prendre au jeu et c’est là tout le talent de Stephen King : il nous livre en effet ici un scénario plein de suspense, habilement servi par un rythme à couper le souffle. Le lecteur est captivé de bout en bout et Stephen King y confirme tout son talent de conteur, tour à tour inventif, captivant ou terrifiant. Le caractère haletant du récit est d’ autant plus confondant et saisissant que son intrigue est simple, modeste et accessible.
Un beau matin de juin, un gros Saint-Bernard de 100 kilos, débonnaire et apparemment inoffensif du nom de Cujo, se fait mordre par une chauve-souris malade alors qu’il poursuit un lapin jusque dans une grotte souterraine. L’ animal attrape alors la rage et va terrifier la paisible bourgade de Castle Rock dans l’ Etat du Maine. Cujo cesse d’ être l’ animal doux et affectueux bien connu des enfants du quartier pour se muer en monstre effroyable et inquiétant.
Côté synopsis, Joe Camber, le seul garagiste de Castle Rock, est un homme taciturne et assez bourru qui vit avec sa femme Charity, Brett leur fils de 10 ans et le chien Cujo. Charity part avec Brett rendre visite à sa sœur, laissant son mari seul avec Cujo. Peu après, le chien tue Gary Pervier, le voisin des Camber, ainsi que Joe Camber, quand celui-ci découvre le corps de son voisin.
Vic et Donna Trenton, fraîchement débarqués de New-York, forment de leur côté un couple en crise car Vic a découvert que sa femme avait une liaison, et Tad, leur garçon de cinq ans, souffre de terreurs nocturnes. Alors que Vic s'est absenté pour son travail, Donna part avec Tad faire réparer sa vieille Ford Pinto mais le véhicule tombe en panne alors qu'ils atteignent la ferme des Camber. Cujo commence alors à faire patiemment le siège de la voiture…
C’est justement le siège de cette voiture par un chien-tueur enragé avec une mère et son fils de quatre ans enfermés à l’intérieur qui constitue le point d’orgue du roman. Nous sommes alors terrorisés et plein d’ empathie envers nos deux protagonistes au cœur de cette scène que l’ auteur prend le temps de planter durant la première partie du récit. Règne en effet dans la première partie du livre, une atmosphère lancinante, poisseuse, lourde comme avant un orage d’ été …Le temps semble s’ étirer à l’infini, et cette impression de pesanteur est renforcé par le climat caniculaire du Maine en juin maintes fois détaillé et brossé : "La chaleur tuera cet été ! Ça va être terrible"; avait prédit Evvie Chalmers, la doyenne de Castle Rock.
… Le lecteur perçoit qu’un drame va se jouer mais Stephen King se plaît à jouer avec lui, à le maintenir dans l’ expectative afin de créer chez lui une grande tension, créant un terrain favorable à la narration imminente de la scène clé de l’intrigue. C’est alors une fois l’ angoisse à son comble que le rythme s’ emballe et les protagonistes vont alors être précipités dans un véritable typhon d'épouvante, un cauchemar nommé Cujo…Du reste, et comme pour ajouter encore au sentiment d’épouvante, l’ écrivain natif de Portland n’ hésitera pas à décrire les pensées et émotions du chien !
Interrogé sur la genèse de ce roman, Stephen King avouera avoir croisé la route d’un Saint-Bernard inquiétant alors qu’il emmenait sa moto chez le mécanicien en 1977…
Dans Cujo, le surnaturel est quasi inexistant à l’inverse de bon nombre d’ œuvres de Stephen King. Ce sont les personnages qui créent eux-mêmes une désastreuse chaîne d'évènements débouchant sur le paroxysme de l’ angoisse. Beaucoup de critiques s’ accordent à dire que Cujo demeure peut être le plus cruel et le plus dérangeant que l’ écrivain ait écrit en ce sens qu’il mélange le quotidien le plus banal avec l’ horreur la plus sournoise.
Un livre à recommander donc, fascinant, captivant, qui offre son lot de sueurs froides au lecteur, lui donnant simultanément le rôle de spectateur et d’ acteur.
Quand le meilleur ami de l’homme devient son pire ennemi…King en fait un chef d’ œuvre!
Sébastien