Des chroniques portant surtout sur tout ...
21 Septembre 2012
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...de Marc Riboud. Encore une référence du monde de la photo ! Tellement de photographes ont sublimé ce média qu'ils l'ont élévé au rang d'Art. Cet humaniste fait partie de ces artistes.
Entouré de ses frères dont l'un fut à la tête de Schlumberger et un autre président du groupe Danone, Marc a du trouver sa place au sein de cette fratrie composée de 7 enfants. La photographie le lui permet dès les années 50. Henri Cartier-Bresson le prend alors sous son aile. Capa ( Ah, ce nom vous évoque quelque chose) l'intègre dans l'agence Magnum dont il deviendra le vice président en 1959.
On lui doit nombre de reportages humanistes. Insatiable et infatigable voyageur, ses clichés sont autant d'invitations à la découverte de notre monde. Outre le fait qu'il impose sa vision d'un monde en guerre en couvrant la guerre du Vietnam aussi bien du côté Nord Vietnamien qu'Américain, ou en Algérie, Marc Riboud sait également retranscrire le quotidien des gens qui croisent son objectif.
La simplicité de ses photos est en paradoxe avec ses origines bourgeoises. Il photographie la vie de tous les jours des gens simples. Ouvriers chinois, quartiers populaires, décors industriels. Rien n'échappe à Riboud dont l'oeil dessine des silhouhettes sur les négatifs, joue avec les ombres, contraste les noirs et blancs, s'amuse à nous perdre dans les compositions de ses clichés, parfois graves ou amusants.
L'intérêt de la photo présentée ici est mulltiple.
On n'a pas une photo mais au moins trois. Trois photos humanistes. La première est la petite fille en bas à gauche. Face à l'objectif, elle fixe Marc Riboud. En arrière plan, un écriteau nous indique que nous sommes probablement en Chine. Un père de famille portant son enfant complète cette mini compo. Au centre, une seconde photo s'impose à nous : des gens assis sur sur le seuil d'une maison ou d'une échoppe. D'emblée, on se doute qu'on se trouve dans un quartier populaire. Enfin la troisième photo est le pendant de la première. Nous avons une mini compo qui reprend les même thèmes que celle de gauche à ceci près que les avant et arrière plans sont inversés. A gauche, un enfant devant et un adulte derrière, à droite, l'inverse.
L'oeil se régale en examinant ce cliché. Il est assez simple à aborder, déborde de détails intéressants et les minis compos se complètent admirablement. Un cas d'école, un exemple pour tout photographe. Cette richesse de détails s'offre à nous. A nous de lui ouvrir les bras et nos yeux.
Le témoignage est un second intérêt. La photo nous permet de ne pas oublier. Ces quartiers de Pékin ont disparu ou vont disparaître. L'éveil de la Chine a eu leur peau, les JO de Pekin a tanné cette dernière définitivement. Ces quartiers, nous ne les verrons probablement plus d'ici quelques années. Le patrimoine architectural disparaît au profit du béton uniforme des tours. Le lissage des pays engendré par leur enrichissement anéantit toute singularité culturelle. Avec les conséquences humaines que cela entraîne (déplacement de la population).
Peut on les blâmer, nous qui avons fait la même chose il y a quelques décennies ? L'identité culturelle des pays se perd petit à petit dans les méandres d'opérations financières immobilières...
Mais ça, c'est une autre histoire...
Jérôme